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 Casquette

L'histoire d'un sdf à Villeneuve-Saint-Georges dans les années 80.

Résumé

Pourquoi Ulysse a-t-il élu domicile dans les rues de Villeneue Saint Georges ?
C'est l'automne, et déjà l'hiver se fait sentir cette année, Ulysse pleure sa famille depuis l'accident.
Au marché, Ulysse fait la conaissance d'Isa, dix ans. Leur relation devient intime et les commerçants ne tardent pas à manifester leur colère. Isa vit seule avec sa mère et la questionne souvent à propos de son père qu'elle n'a jamais connue.

Extrait 1

Roman Cagoule et casquette
Cagoule et casquette

Villeneuve Saint Georges, banlieue sud est de Paris, une nuit, dans une rue sombre du centre-ville.
Adossé contre les pierres de taille gelées et vieillies par plus d’un siècle d’existence, assit sur plusieurs épaisseurs de carton, un homme dormait. Son pantalon sale et usé, ses trois manteaux mis les uns sur les autres, sa tête dissimulée sous une abondance de poils gris, baissée et couverte d’une casquette déchirée, fixait une barrière indélébile autour de son être.
La pluie avait cessé depuis seulement une heure en ce mois d’octobre 1979 qui presque tous les jours avait été balayé par les vents et arrosés par d’abondantes pluies. Des reflets lumineux étincelaient dans la multitude de flaques d’eau sur les routes et les trottoirs.

Les flashs bleus des gyrophares des forces de l’ordre qui arrivaient les unes après les autres, se reflétaient sur le sol encore trempé de la rue où dormait l’homme écarté des siens à cause de son aspect et de ses conditions de subsistances.
Les véhicules noirs et blancs, plein phares allumés, se garaient sans se soucier de l’obstacle à la libre circulation qu’ils créaient. Tels des soldats, tous en sortaient et envahissaient route et trottoirs, obéissants à des ordres donnés à voix basse.
Il était tard, les riverains dormaient bien au chaud sans se soucier du mauvais temps que les chats supportaient et profitaient pour fouiller parmi les détritus qui s’accumulaient au bas des habitations.
Les hommes en uniformes progressaient dans l’étroite rue. Un chat ou un rat apeuré se sauva, laissant tomber et rouler sur le ciment craquelé un couvercle de poubelle en zinc qui en tombant résonna comme une punition pour les dormeurs.
L’été avait été frais et l’automne de cette année-là n’apportait pas le réconfort tant attendu par le peuple des rues. L’homme qui sommeillait attrapa les revers de son manteau pour protéger le haut de sa poitrine de la fraîcheur qui le saisissait durant son sommeil.
Il toussa à plusieurs reprises sans même ouvrir les yeux. Sa toux étouffée par son abondante barbe, semblait presque silencieuse. Avertis par l’avance silencieuse et saccadée des pas de la police, trois hommes installés à l’abri du vent entre deux bungalows du chantier voisin, quittèrent leurs cartons. Sortit brusquement d’un profond sommeil, sans réfléchir ils se jetèrent dans les bras de ces hommes venus les emmener de force.

Extrait 2

Il arriva au bas de la cote de Crosne et s’arrêta pour estimer l’effort à fournir, c’est qu’elle grimpait !
« Pas grave, je suis en forme, j’ai tout mon temps et cela me réchauffera ».
Vingt minutes plus tard, il souffla longuement, il se trouvait enfin sur le plateau. Il lui restait à rejoindre le cimetière, le longer, puis traverser une zone pavillonnaire et ensuite descendre la « Jules Ferry ».

En marchant, il se souvenait être passé par ce même chemin quand il se promenait en vélo, il y a quelques années. Du haut de la cote, on pouvait voir Paris et la tout Eiffel, en bas, un bar où il lui arrivait de boire un café avant de se rendre au travail. S’il n’y avait pas eu trop de constructions, il verrait les sablières, où encore plus tôt, un champ de maïs était exploité, « le champ à Foucher ».
Prit dans ses pensées, il passa devant le mur de ciment qui séparait le trottoir du cimetière sans y prêter attention. La marche lui avait donné soif et instinctivement, il fouilla sa profonde poche et déplora que sa bouteille ne s’y trouvait plus. Ulysse se souvenait que pas très loin, de l’eau potable coulait d’un petit tuyau en cuivre, juste en face de la clinique du Docteur Boyer, il décida de s’y rendre et y boire, le détour en valait la peine. Il fallait descendre une petite rue qui l’été devait être plaisante, à l’ombre des arbres du parc, ensuite il remonterait et se dirigerait vers la « Jules Ferry ».
Une demi-heure plus tard, il passait près du bar, « Le Normandie », la matinée touchait à sa fin, des jeunes gens quittaient le lycée et se rendaient dans ce bar, le seul du plateau de Villeneuve, pour jouer au flipper ou au baby-foot. Fatigué, Ulysse s’assit sur le mur délimitant une propriété, le dos contre les thuyas. Deux jeunes s’arrêtèrent à quelques mètres pour s’allumer une cigarette qu’ils fumeraient discrètement et le plus petit fixa Ulysse.
– Vous en voulez une ? demanda-t-il en lui tendant une cigarette.
– Je ne fume pas, répondit Ulysse presque à regret.
Ils continuèrent leur chemin, désolés de ne pas avoir pu faire un geste utile. C’est ce qu’Ulysse réussit à déchiffrer dans le ton de leurs voix.

Où trouver le roman ?

Actuellement, c'est ici, sur le site de l'imprimeur Thebookedition,  Cagoule et casquette

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